Le moyen-format démocratique :
Appareil d'initiation par excellence, le Lubitel est aussi le symbole de la naissance et du déclin de la toute puissante Union des Républiques Socialistes Soviétiques, celle de l'après YALTA, celle du rideau de fer et de la conquête spatiale, mais aussi celle de la chute du mur de Berlin, capitale d'une Allemagne nommée démocratique, qui se voulait la vitrine du socialisme à la Russe.
Utilisant la pellicule format 120, cet appareil fruit de l'entreprise d'optique Soviétique GOMZ/LOMO, fut décliné en 5 versions. En quelque sorte Rolleiflex du pauvre, version Slave du Voigtländer Brillant modèle 1938, appareil purement Germanique qui lui servit de modèle, et pour cause puisque sa fabrication fut transférée après-guerre en URSS; Ses images de format 4.5x6 ou 6x6, loin d'avoir la qualité de celles de ces derniers, retrouvent de nos jours une certaines aura, auprès des photographes amateurs désireux de se départir des incontournables machines à images que sont les appareils numériques de dernières générations. Il est avec les "Zenit", un des rares appareils d'origine Soviétique à avoir été commercialisé sur le territoire Français.
Quant à ses caractéristiques techniques, rien qui puisse véritablement le démarquer des appareils de son époque, objectif fixe de 75mm de focale ouvrant à f:4.5, mode d'exposition et de mise au point manuelle, viseur de poitrine avec loupe d'assistance, temps de pose réglable du 1/15 au 1/250 de seconde, pose B disponible. Seul son obturateur central, qui lui permet d'offrir une synchronisation flash, à toutes les vitesses d'obturation disponibles, le caractérise parmi les appareils munis d'un obturateur plan focal.
Quant à lui, le sympathique Voigtländer Brillant, né dans les derniers mois d'existence de la république de Weimar, disparut à la fin des années 40. Même s'il fait l'objet d'une finition toute relative, il se démarque surtout par la qualité de son optique ainsi que par son obturateur central plus performant.
